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Tuomo Kurri: La présidence finlandaise, promotrice d'un débat sur l'immigration actif et tourné vers l'avenir

EU2019FIMinistère de l´intérieur
Julkaisuajankohta 11.12.2019 9.21
Édito

La présidence finlandaise du Conseil de l'Union européenne touche à sa fin. En raison de l'élection des nouveaux membres du Parlement européen et de la Commission, elle s'est déroulée dans un contexte particulièrement exigeant. Nous avons cependant pu tirer profit de cette situation en ce qui concerne la politique en matière d'asile et de migration. En effet, ce tournant institutionnel nous a donné un répit nécessaire dans les discussions avant que la Commission européenne ne présente de nouvelles propositions législatives au cours de l'année prochaine.

Les débats entre les États membres se sont concentrés sur l'avenir, ce qui permet d'établir une base solide pour les travaux du Conseil et de la Commission durant la législature actuelle. 

Point de départ: approche globale des migrations

Pendant la présidence finlandaise, les débats sur la politique d'asile et de migration se sont basés sur une approche globale et appropriée, tenant compte du tournant institutionnel et tournée vers l'avenir. La présidence finlandaise a été remerciée pour ses documents de réflexion stratégiques qui ont joué un rôle plus important que d'habitude pour structurer les débats. La Finlande a voulu promouvoir une politique de migration basée sur des faits et tournée vers l'avenir. Par conséquent, elle a cherché à stimuler les discussions portant sur les éventuels moyens de mieux utiliser les données collectées afin d'orienter vers l'avenir les politiques concernant ce secteur.

Depuis le début, la présidence finlandaise a souligné la nécessité de dégager une entente entre les continents sur les défis et le potentiel communs liés aux migrations. Dans cette optique, elle a toujours attiré l'attention sur l'importance des partenariats de l'UE avec des pays tiers, en particulier en Afrique. Le débat sur l'immigration légale l'a bien montré.

Durant ces six mois, toutes les principales routes migratoires ont été traitées d‘une manière équilibrée. Dans ce contexte, nous avons adopté une approche globale: chaque route a fait l'objet d'un examen qui a tenu compte de toutes les étapes à partir des pays d'origine et de transit jusqu'aux frontières de l'UE. La présidence finlandaise a notamment voulu orienter le débat vers les nombreuses causes profondes des migrations, l'évaluation constante des routes migratoires, ainsi vers que les facteurs déterminants en la matière à prendre en compte à l'avenir.

La coopération avec les pays d'origine et de transit doit être plus concrète

Les États membres s'accordent à dire qu'il convient de renforcer la coopération entre l'UE et les pays tiers en matière de retour. Le débat concret sur les instruments de cette coopération, à l'exception de la politique des visas, n'a vraiment commencé que durant la présidence finlandaise. La présidence finlandaise a intégré la coopération en matière de retour dans le cadre du partenariat global entre l'UE et les pays tiers. À cet égard, elle a cherché à orienter davantage les discussions sur l'interaction entre différents secteurs politiques, et à rendre plus concrètes les manières d'utiliser les différentes mesures d'incitation.

La présidence finlandaise a également cherché à faciliter l'introduction du mécanisme d'incitation inclus dans un amendement du code des visas qui entrera en vigueur en février prochain. Ce nouveau mécanisme instaurera une évaluation annuelle de la coopération en matière de retour. Sur le fondement de cette évaluation, il sera possible de proposer des restrictions ou des assouplissements pour l'octroi des visas concernant un pays tiers donné. C'est aussi la présidence finlandaise qui a lancé le débat sur les liens entre la politique de migration et la politique commerciale. La façon choisie par la présidence d'ouvrir le débat sur ce thème difficile a été considérée comme constructive et équilibrée.

Un autre thème central de la présidence finlandaise a été la réintégration des personnes qui retournent dans leur pays. Lors des débats à ce sujet, la Finlande a souligné que, dans le cadre du retour, il faut assister les individus mais aussi renforcer les capacités des pays d'origine à accueillir ces personnes. En particulier, il faut coordonner les activités avec les acteurs de la coopération au développement.

Réforme du régime d'asile européen commun

Dès le début de la présidence finlandaise, il a été clair qu'il n'était pas raisonnable de faire avancer comme telles les propositions législatives sur la table: nous attendons de nouvelles initiatives sur la réforme du régime d'asile de la part de la Commission. C'est pourquoi les véritables textes législatifs ont été écartés du débat; l'accent a été mis sur des éléments thématiques et pratiques de la réforme.

Les discussions menées au sein des groupes de travail ont permis de partager des informations sur les pratiques des États membres en matière de triage des demandes d'asile, par exemple. Elles ont également porté sur le côté pragmatique des liens entre procédure d'asile et procédure de retour; la nouvelle Commission devrait aussi remettre cette question à l'agenda. Ces discussions ont permis d'en savoir plus sur les pratiques des États membres et d'améliorer la compréhension mutuelle concernant les motivations de chacun. Tant les États membres que la Commission ont considéré cet échange d'information opportun.

L'année prochaine verra les présidences croate et allemande et les nouvelles propositions de la nouvelle Commission prendre la relève. Il sera intéressant d'observer par quels moyens elles arriveront à relancer le processus de réforme du régime d'asile, bloqué depuis longtemps. Il faut aller de l'avant; ce n'est pas une option. Il faut mieux répartir les responsabilités, et, pour assurer le bon fonctionnement du régime, il faut également poursuivre l'harmonisation.

Les États membres admettent tous que la procédure d'asile se doit d'être efficace. Pour réaliser cet objectif, nous devons prendre de nombreuses mesures ensemble. À l'avenir, le Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO) doit également jouer un rôle fort pour coordonner les activités opérationnelles.

Tuomo Kurri, Directeur (migrations), ministère de l’intérieur, Présidente du comité stratégique sur l'immigration, les frontières et l'asile