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Pasi-Heikki Vaaranmaa: Le maintien du système commercial international demande des efforts

EU2019FIMinistère des affaires étrangères 30.9.2019 13.23
Édito

Le système commercial multilatéral, fondé sur le fonctionnement de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), fait face à de graves difficultés. Les mesures unilatérales et la montée du protectionnisme déstabilisent l'OMC. Les négociations commerciales n'ont pas progressé comme prévu, et les tentatives de réformer l'OMC ont échoué.

Le problème le plus urgent concerne le système de règlement des différends de l'OMC: son organe d'appel cessera très probablement de fonctionner, car, en raison de l'opposition des États-Unis, il risque de ne plus être possible de réunir au moins trois de ses membres, condition nécessaire pour traiter des conflits commerciaux. Outre le développement du système de règlement des différends, il faudrait également renforcer les activités régulières de l'OMC. Le processus de réforme de l'OMC, dirigé par l'UE, n'a pas encore produit de résultats tangibles. L'UE devra donc réfléchir à la manière de défendre ses intérêts si le respect des règles n'est pas une évidence pour tous.

Tensions entre l'UE et les États-Unis

Vu l'importance des relations transatlantiques de commerce et d'investissement, il serait essentiel d'encourager les échanges positifs avec les États-Unis. Les relations entre l'UE et les États-Unis sont cependant fragilisées par les différends commerciaux concernant les subventions au secteur aéronautique. Ce conflit, qui dure depuis des années, sera bientôt terminé. En effet, les États-Unis obtiendront très prochainement l'autorisation de l'OMC d'imposer des droits de douane additionnels sur les produits européens, par exemple comme réparation pour des aides d'état irrégulières versées à la construction des Airbus. L'UE devra attendre l'année prochaine avant de trouver sa propre justification pour les droits additionnels imposés dans le cadre du litige concernant Boeing. L'objectif de l'UE est de parvenir à une solution négociée plutôt que d'imposer mutuellement des droits de douane.

L'administration des États-Unis a également menacé de mettre en place des restrictions ou des droits de douane sur les exportations européennes d'automobiles au nom de la "sécurité nationale", ce qui complique encore plus les relations. La situation sera clarifiée au cours de l'automne.

Insister sur la mise en œuvre des accords

L'UE a déjà conclu des accords de libre-échange avec environ 70 partenaires économiques, et les négociations ont été entamées avec d'autres. Depuis quelques années, une attention croissante est accordée à la mise en œuvre des accords. C'est également une priorité pour la présidence finlandaise. Il est essentiel que les entreprises et les consommateurs de l'UE puissent tirer le meilleur parti de ces accords. La Commission européenne publiera, en octobre, un rapport sur l'état actuel de la mise en œuvre des accords de libre-échange. Ces accords doivent être profitables, mais il convient également d'assurer que les partenaires commerciaux de l'UE respectent les obligations qui en découlent pour eux.

L'accord entre le Mercosur et l'UE comporte des avantages pour l'industrie et les entreprises de services en Europe

En juin dernier, l'UE et le Mercosur, une communauté économique regroupant quatre pays d'Amérique latine, sont parvenus à un accord politique sur les principaux éléments concernant la partie "libre-échange" de l'accord d'association entre ces deux régions. C'est une avancée remarquable. Le Mercosur est l'une des plus grandes régions économiques dans le monde, et une zone importante de marché en croissance. Étant donné qu'il existe encore de nombreux obstacles au commerce avec les pays du Mercosur, l'accord commercial comportera des avantages clairs pour l'industrie et les entreprises de services européennes.

D'après les informations actuellement disponibles, les pays de Mercosur libéraliseraient environ 90% de leurs échanges. La seule réduction des droits de douane devrait générer des économies annuelles de l'ordre de 4 milliards d'euros, au profit des exportations européennes. Il sera possible de mieux évaluer cet accord dès que la Commission européenne aura transmis tous les textes définitifs, y compris les listes de concessions tarifaires. Concernant les avantages de l'accord, une communication fondée sur les faits est essentielle, car les discussions de ces derniers mois ont été dominées par d'autres thèmes.

Le système commercial international est sur le point d'éclater, les conflits commerciaux compliquent la situation et l'incertitude vis-à-vis de l'avenir met la croissance économique sous pression. L'UE et ses États membres défendent un système commercial fondé sur des règles et négocient de nouveaux accords en vue de toujours faciliter les échanges. Le nombre important de partenaires commerciaux de l'UE n'est donc pas étonnant. Cette coopération portera ses fruits dans les années à venir.

Pasi-Heikki Vaaranmaa, chef d'unité, ministère des affaires étrangères