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Petteri Vuorimäki: L'UE doit actualiser sa politique arctique

EU2019FIMinistère des affaires étrangères
27.11.2019 9.01
Édito

L'Arctique et l'Antarctique attirent toujours plus l'attention à l'échelle internationale. Plusieurs pays suivent avec grand intérêt le travail du Conseil de l'Arctique et souhaitent y participer, en tant qu'observateurs ou d'une autre manière. De plus en plus d'États sont également intéressés par la coopération en matière de recherche instituée par le Traité sur l'Antarctique, ainsi que par les discussions concernant cette région.

Cet intérêt croissant est dû aux changements climatiques qui progressent plus rapidement que prévu, aux évolutions de la situation politique internationale et aux opportunités économiques envisagées par certains acteurs. Dans ce contexte, la Finlande joue un rôle essentiel à l'échelle mondiale, car elle est l'un des cinq États qui sont à la fois membres permanents du Conseil de l'Arctique et parties consultatives au Traité sur l'Antarctique.

L'Union européenne dispose d'un statut d'observateur de facto au Conseil de l'Arctique. Conformément à son programme, la présidence finlandaise a systématiquement cherché à inscrire des questions relatives à l'Arctique à l'agenda européen. La nécessité d'actualiser la communication de l'UE sur la région arctique, publiée en 2016, a également été soulignée à plusieurs reprises. L'intervention de M. Antti Rinne, premier ministre finlandais, lors de l'événement "Arctic Circle" à Reykjavik, ainsi que l'intervention de M. Pekka Haavisto, ministre des affaires étrangères, lors du Forum arctique d'Umeå, l'ont bien montré.

L'Arctique à l'honneur pendant la présidence finlandaise

L'UE a publié trois communications sur la région arctique, en 2008, en 2012 et en 2016. Mais l'élaboration et la mise à jour des communications prennent beaucoup de temps et nécessitent la consultation de nombreuses parties prenantes. C'est pourquoi il serait important de lancer ce processus le plus rapidement possible à l'issue de la présidence finlandaise.

La présidence finlandaise a pour sa part initié les discussions sur l'Arctique lors de la réunion informelle des ministres des affaires étrangères, qui ont ensuite été poursuivies dans plusieurs autres formations. Si la présidence finlandaise pouvait lancer ce processus de mise à jour de la communication, il s'agirait d'un précédent positif, comme l'a résumé Mme Marie-Anne Coninsx, ambassadrice de l'UE chargée de mission pour l'Arctique, lors de l'événement Arctic Circle.

Il serait essentiel d'actualiser la communication de 2016, étant donné que l'UE est active dans l'Arctique et que son expertise et ses ressources pourraient bénéficier à toute la région. Cette région devrait pouvoir mieux tirer parti des programmes et des normes de l'UE, dont plusieurs sont des exemples d'excellence absolue pour les secteurs concernés.

L'UE doit évaluer sa propre stratégie Arctique

Afin de demeurer un acteur essentiel dans l'Arctique, l'UE doit réviser sa politique en la matière. Dans ce cadre, il convient de tenir compte de l'intérêt international croissant pour cette région, ainsi que des nouveaux défis et des opportunités qui s'y présentent.

À l'instar de la Finlande, presque tous les États arctiques ou les États qui s'intéressent à cette région ont lancé un processus de renouvellement ou de révision de leurs stratégies y liées. L'UE peut-elle se permettre de ne pas faire de même? Cette logique est quasi-évidente pour la Finlande, mais ce n'est pas nécessairement le cas pour tous les États membres, qui ont chacun des priorités différentes. C'est pourquoi la Finlande a toujours cherché à promouvoir le leadership de l'UE dans l'Arctique.

Petteri Vuorimäki, ambassadeur pour l'Arctique et l'Antarctique, ministère des affaires étrangères

Antti Rinne Pekka Haavisto