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Riku Huttunen: L'union de l'énergie et les solutions en faveur de la neutralité climatique dominent l'agenda du Conseil en matière d'énergie

EU2019FI 12.7.2019 14.11
Édito

En ce qui concerne la politique de l'énergie pendant la présidence finlandaise, la priorité sera donnée à la mise en œuvre des actes législatifs déjà adoptés. Il sera également possible de définir des politiques à long terme, notamment en matière de climat.

En général, à chaque changement de présidence du Conseil de l'Union européenne, l'État membre qui assume nouvellement la présidence récupère un grand nombre d'initiatives législatives, dont il doit poursuivre le traitement. Cette fois, lorsque la Roumanie a passé le relais de la présidence à la Finlande, le 30 juin à minuit, la situation était toutefois différente: les discussions concernant les initiatives législatives de la Commission Juncker sont principalement terminées. Cependant, les discussions continueront sur certains dossiers, comme le règlement relatif à l'étiquette énergétique des pneumatiques, ainsi que certaines questions concernant l'enveloppe globale des programmes de financement pluriannuels.

L'UE leader mondial – tant pour les objectifs que pour les moyens d'y parvenir

Une des priorités de la présidence finlandaise est de renforcer le rôle de l'UE en tant que leader mondial en matière de climat. Conformément au programme de la présidence finlandaise, l'UE doit s'affirmer dans ce domaine en élaborant une stratégie à long terme visant à rendre l'UE neutre en carbone en 2050.

La communication publiée par la Commission en novembre 2018, intitulée "Une planète propre pour tous – Une vision européenne stratégique à long terme pour une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat", a lancé le débat sur la stratégie à long terme. Cette question a été largement débattue dans les différentes formations du Conseil. La présidence finlandaise poursuivra ce travail.

En juin 2019, le Conseil européen a invité le Conseil et la Commission "à faire avancer les travaux sur les conditions, les mesures incitatives et le cadre facilitateur à mettre en place de manière à assurer une transition vers une UE neutre pour le climat conformément à l'accord de Paris, qui préservera la compétitivité européenne, sera juste et socialement équilibrée, tiendra compte de la situation nationale des États membres et respectera le droit qu'ont ceux-ci de décider de leur propre bouquet énergétique". Le Conseil européen s'est donné pour objectif d'identifier les éléments essentiels de la stratégie à long terme avant la fin de l'année, ce qui permettrait d'adopter la stratégie début 2020 pour l'envoyer ensuite au secrétariat de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Pendant sa présidence du Conseil, la Finlande devra donc faire avancer ces travaux préparatoires.

Au regard tant de la lettre que de l'esprit de l'accord de Paris, les réponses aux enjeux globaux nécessitent l'engagement de toutes les parties. Au-delà des ambitions individuelles, l'action de l'UE doit viser à trouver des solutions effectives et présentant un bon rapport coût-efficacité afin de réduire les émissions de carbone du secteur énergétique. En effet, la production et l'utilisation de l'énergie représentent actuellement environ 75 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre. À cet égard, le programme de la présidence finlandaise indique: "L'intégration des questions climatiques dans tous les secteurs essentiels constituent un élément fondamental. La mise en place de l'union européenne de l'énergie et la stimulation des réductions d'émissions en sont des exemples."

Mise en œuvre efficace de l'union de l'énergie au cœur des actions

L'union européenne de l'énergie comprend la sécurité énergétique, le marché intérieur de l'énergie (électricité et gaz), l'efficacité énergétique, la décarbonation (les énergies renouvelables incluses), ainsi que la recherche, le développement et l'innovation. Le paquet législatif "Énergie propre", que l'UE vient d'adopter, doit maintenant être mis en œuvre dans les États membres.

Un nouveau mécanisme de gouvernance sera mis en place afin de faciliter la poursuite des objectifs communs d'efficacité énergétique et d'énergie renouvelable. Ainsi, les projets de plans nationaux en matière d'énergie et de climat ont été transmis à la Commission pour évaluation. Une analyse récente de la Commission indique, que, sur la base de ces projets, l'UE risque de rester 1 à 2 points en deçà de l'objectif concernant la part d'énergie renouvelable à l'horizon 2030 (32 %) et environ 6 points de pourcentage en deçà de l'objectif concernant l'amélioration de l'efficacité énergétique (32,5 %).

Par la même occasion, la Commission a adressé des recommandations aux États membres. Elles figureront à l'ordre du jour de la première réunion du Conseil TTE durant la présidence finlandaise le 24 septembre prochain. Les mesures post-2030, ainsi que les technologies en faveur de la neutralité climatique seront également abordées dans le cadre des travaux préparatoires de la stratégie à long terme. Les États membres doivent finaliser, avant la fin de l'année, les plans nationaux en matière d'énergie et de climat, ainsi que les stratégies nationales à long terme.

La neutralité climatique nécessite des solutions transsectorielles

Mises en œuvre de manière contrôlée et sur une longue période, les technologies favorisant la neutralité climatique peuvent renforcer la croissance économique et la compétitivité de l'Europe pendant les décennies à venir. Les ministres chargés de la compétitivité ont évoqué cette question lors de la réunion informelle, qui s'est tenue à Helsinki les 4 et 5 juillet derniers. Une Europe compétitive et neutre sur le plan climatique était l'un des principaux thèmes de cette réunion.

Le financement de la recherche, du développement et de l'innovation joue un rôle pertinent dans le développement et l'introduction des solutions contribuant à la neutralité climatique, tant au niveau de l'UE que dans les États membres. La transition électrique, les réseaux intelligents et l'utilisation intelligente des ressources sont essentiels pour l'avenir. La décarbonation des industries grandes consommatrices d'énergie constitue un des défis majeurs. Ces questions relatives aux technologies figureront à l'agenda de la conférence "Plan SET" d'Helsinki les 13 et 14 novembre.

Quoi qu'il en soit, la transition vers une économie neutre en carbone nécessite des actions dans tous les secteurs: l'énergie, les transports, l'agriculture et la finance. Outre les réductions d'émissions, il convient de prêter une attention croissante aux puits de carbone, en particulier les forêts et les sols. Cette situation concerne également la Finlande: le nouveau gouvernement s'est fixé l'objectif ambitieux d'atteindre la neutralité carbone dès 2035.

Riku Huttunen, le directeur général du département Énergie du ministère de l’emploi et de l’économie