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Jori Arvonen: La Finlande se prépare pour la présidence du Conseil de l'Union européenne

EU2019FI 21.5.2019 15.15 | Publié en français le 21.5.2019 à 17.08
Édito
Jori Arvonen

Les préparations pour la présidence finlandaise coïncident avec la période de l'après-élections législatives, ainsi qu'avec les négociations en vue de former un nouveau gouvernement. Le Parlement européen entamera également une nouvelle législature de cinq ans à la suite des élections européennes.

Le président du Parti social-démocrate de Finlande, Antti Rinne, qui dirige les négociations gouvernementales, s'est donné pour objectif de former le gouvernement avant début juin. Cela permettrait aux nouveaux ministres de participer aux réunions du Conseil de l'UE avant de devoir les présider eux-mêmes.

Les priorités de la Finlande en matière de politique européenne, ainsi que le programme national de la présidence finlandaise, figureront sur l'ordre du jour de ces négociations. Les préparatifs pour l'élaboration du programme national de la présidence ont été lancés dès l'année dernière par l'intergroupe des partis représentés au Parlement. Pour l'essentiel, les orientations générales de la Finlande déjà adoptées en matière de politique européenne devraient continuer à guider nos actions au niveau de l'UE pendant les années à venir également. Cependant, chaque nouveau gouvernement détermine ses propres priorités.

Nous voulons préserver l'unité

Du point de vue européen, la Finlande assumera la présidence du Conseil de l'UE à une période particulière. Le Parlement européen se réunira pour une session constitutive, et les nouveaux membres de la Commission, le nouveau Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (parfois appelé ministre des affaires étrangères) ainsi que le nouveau président du Conseil européen (le sommet des chefs d'État et de gouvernement) seront aussi nommés. La Finlande doit faire sa part afin d'assurer une transition fluide entre les législatures.

Ces dernières années, le Conseil a dû prendre de nombreuses décisions relatives à des questions qui divisent les États membres.

Par conséquent, il est d'autant plus important que la présidence s'efforce de veiller à l'unité au sein de l'Union. Nous devons tous faire preuve de volonté politique pour renforcer la capacité de l'Union à prendre des décisions et à parler d'une seule voix sur la scène internationale.

À l'approche des élections européennes, la Commission n'a plus publié de nouvelles propositions législatives. De plus, les partis sont parvenus à un accord sur de nombreux dossiers durant la présidence roumaine. En ce qui concerne les 167 propositions restantes, une partie sera traitée sous la présidence finlandaise, une partie deviendra caduque. De toute manière, le nombre des dossiers législatifs à discuter pendant la présidence finlandaise sera moins élevé que d'habitude.

La présidence finlandaise sera marquée par des questions majeures

Il est clair que certains thèmes-clés occuperont un rôle important durant l'automne.

La date de sortie de l'Union du Royaume-Uni a été reportée au 31 octobre. Il reste à voir comment Londres traitera ce dossier. Quoi qu'il en soit, le Brexit influencera les travaux du Conseil pendant la présidence finlandaise.

La Finlande mènera les négociations relatives au cadre financier pluriannuel, qui définira la taille et les domaines prioritaires du budget de l'UE pour les sept années à venir. C'est une tâche laborieuse. Il faudra attendre l'été avant de pouvoir déterminer la probabilité qu'un accord soit trouvé avant la fin de l'année. La Finlande s'engage à faire avancer avec détermination les négociations de manière constructive.

Nous voulons que l'UE agisse en tant que leader dans les négociations internationales sur le climat. En conséquence, il est essentiel pour l'UE de parvenir, au plus tard à la fin de l'année, à un accord sur la stratégie climatique à long terme afin de pouvoir limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré.

La gestion des migrations exige elle aussi des solutions européennes communes. Les États membres étant divisés sur cette question, toutes les décisions nécessaires n'ont pas encore pu être prises.

Le programme stratégique orientera les politiques de l'Union

Le nouveau programme stratégique de l'UE devrait être adopté au sommet du juin, c'est-à-dire juste avant le début de la présidence finlandaise. Il fixera les priorités de l'Union pour les cinq années à venir.

Ce programme revêt une importance particulière, car il orientera le travail de la nouvelle Commission, qui sera nommée à l'automne prochain. La Finlande entend amorcer durant sa présidence des travaux qui feront avancer nos objectifs communs. Les débats plus approfondis sur chaque thème spécifique seront menés au sein du Conseil pendant l'été et l'automne.

Lors des travaux préparatoires concernant le programme stratégique, la Finlande a misé sur une politique visant à renforcer la croissance durable et la sécurité. La lutte contre le changement climatique doit se trouver au cœur des actions de l'UE pendant les cinq prochaines années. De plus, nous considérons l'UE avant tout comme une communauté de valeurs au sein de laquelle il est impératif de garantir le respect de la dignité humaine, des droits de l'homme, des libertés, de la démocratie, de l'égalité et de l'État de droit. À la présidence du Conseil, la Finlande s'efforcera de renforcer et de développer les instruments de l'État de droit.

Accent sur la transparence

La présidence finlandaise veut développer les modes de fonctionnement du Conseil, notamment au regard de la transparence, des principes de meilleure réglementation et de l'utilisation des nouvelles technologies. Nous allons communiquer de la manière la plus ouverte et active possible. Nous voulons améliorer la transparence des dossiers législatifs et des réunions du Conseil. Nous lancerons également la discussion sur le développement de la transparence des politiques européennes durant la période de cinq ans à venir.

Ainsi, nous pourrons accroître la participation des citoyens européens, renforcer la démocratie et faciliter la lutte contre la désinformation. Les outils numériques améliorent les procédures du Conseil et permettent d'éviter des réunions présentielles pour chaque groupe de travail. Ces réunions nécessitent en effet d'organiser de longs voyages entre les capitales européennes, ce qui engendre une pression sur l'environnement et demande beaucoup de temps. À cet égard, la Finlande a lancé un processus visant à rendre le recours aux téléconférences plus fréquent dans le cadre des réunions des groupes de travail du Conseil.

Nous avons commencé les préparations pour la présidence il y a environ 18 mois. Au 1er juillet, la Finlande sera prête à piloter les travaux du Conseil.

Jori Arvonen
Sous-secrétaire d’État chargé des affaires européennes